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vendredi, 14 mars 2008
Remettre les pendules à l'Art !
Des centaines d’ouvrages, d’articles ou de revues proposent depuis 20 ans une analyse sérieuse du phénomène « Art contemporain ». Leurs auteurs sont historiens d’art, critiques, conservateurs de grands musées, sociologues, écrivains, philosophes, artistes. Ces textes de réflexion et d’information circulent de façon confidentielle. Ils sont lus, souvent réédités, mais déniés ou disqualifiés par les grands médias, soumis à un art officiel dont ils sont la caisse de résonance.
Cette rencontre à la Halle Saint Pierre a pour but de faire connaître ces écrits sur « l’Art contemporain », aux points de vue critiques extrêmement divers. Cet approfondissement de la pensée sur l’art est un phénomène français plus connu à l’étranger qu’en France. C’est la réaction naturelle à une gestion administrative dure et centralisée de l’art, depuis plus de trente ans.
Remettre les pendules à l’heure de la réalité et de la diversité de la pensée artistique aujourd’hui est une nécessité pour sortir de l’impasse que constitue le déclin supposé de la France dans le domaine de la création artistique.
La revue Artension, indépendante de toute influence institutionnelle ou mercantile, connue pour avoir défendu la liberté et la diversité de la création et rassemblé tous les points de vue critiques, est à l’origine de cet événement.
Une présentation de cette critique cultivée et dissidente de l’art officiel sera faite par Laurent Danchin, Pierre Souchaud et Aude de Kerros. Le point de départ de cette analyse est une bibliographie constituée par Laurent Danchin des écrits, articles livres parus depuis trente ans sur ce sujet. Nombre de ces auteurs seront présents et signeront leurs livres.
Seront aussi présents les créateurs de Sites et de Blogs Internet qui aujourd’hui jouent un grand rôle dans l’information, la diffusion des livres, articles, textes et idées, et sont un espace ouvert au débat : MDA 2008, Face à l’Art, Chroniques Culturelles, Débat-Art-Contemporain, La Peau de l’Ours, Bernadette Michu, etc.
Une section « Lecture critique de l’Art contemporain » sera inaugurée à la librairie de la Halle Saint Pierre : 2 rue Ronsard, Paris 75018.
Invité d’honneur : Jean Philippe DOMECQ
Intervenants : Pierre SOUCHAUD, Laurent DANCHIN, Aude de KERROS, Michel DUPRE, François DERIVERY, Fred FOREST, Sophie HERSZKOWICZ, Kostas MAVRAKIS, Francis PARENT, Marie SALLANTIN, Christine SOURGINS, Michel De CASO, Marianne RILLON, Lydia Van den BUSSCHE, Carla Van der ROHE.
Contact Presse : Sabine Raynaud de Lage
tél : 0674781125 courriel : sabine.rdl@orange.fr
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samedi, 01 mars 2008
Misère et Splendeur de la Traduction selon José Ortega y Gasset
par Pauline Troja
Ce glissement involutif s’est évidemment opéré par incréments successifs et, qui plus est, en toute bonne conscience, mais il n’en demeure pas moins que nous sommes aujourd’hui en droit de nous demander quelle est le place réservée à l’humain et surtout dans quelle architecture il s’inscrit. En tant que traductrice, il nous semblait opportun d’exhumer ce bref essai du philosophe espagnol mal connu du monde francophone, pour en tester la puissante dissonance en cette époque du paradoxe triomphant, qui, sous couvert de tout communiquer, nous semble servir de prétexte à la diffusion d’une idéologie effrayante, pour laquelle les différences sont à gommer au profit d’un jargon narcissique déracinant, laissant augurer une fragmentation et une entropie croissantes du discours. Aliéné de son passé, déboîté de son axe et condamné comme le papillon à se prendre dans la toile d’araignée planétaire, l’humain voit son destin subordonné à la stratégie laminante d’un Anti-Architecte, qui, seul, ait à jouir d’une vue générale de l’ensemble. La schizophrénie est ainsi hissée au rang de folie institutionnalisée, puisque l’homme au cœur de chair se voit maintenant supplanté par l’homme déréalisé, traversé qu’il est par une onde de choc invisible qui l’énuclée progressivement et le condamne à l’ostracisme existentiel. L’image qui nous vient à l’esprit est celle du bulbe, dont on se serait savamment acharné à intervertir les couches, la fine pelure finissant par se retrouver à l’intérieur et le germe à l’extérieur, condamné à fatalement se dessécher sur pied : le règne du décervelage et de la scorie, où le logos, usurpé, se voit projeté dans l’abîme au profit d’une simple théorie des bords – et des bords seulement.
Sédentaire et nomade, le dire individuel apparaît comme une parole originelle, une mort et une résurrection dans le corps du texte, perpétuelle transfiguration d’une lecture ne pouvant être appréhendée qu’en perspective, permettant de transcender toute clôture, et, partant, toute finitude du langage. Le texte – à prendre au sens étymologique du terme, c’est-à-dire comme un tissu narratif, où ce sont les fils horizontaux que la navette introduit dans la trame qui font de l’ouvrage une étoffe unie et compacte – émerge ainsi comme une création de la conscience individuelle traduisante, se déployant dans l’espace comme un gigantesque mobile caldérien, naissant sur ce minuscule archipel qu’est la raison au sens ortéguien. Démarche logique autant qu’analogique, qui se matérialise en ces arabesques fleuries, en lesquelles évolue le penser vivant du philosophe espagnol.
Nous espérons que ces brèves considérations inciteront le lecteur à redécouvrir José Ortega y Gasset, dont l’œuvre ne livre à la surface qu’une infime portion de son extraordinaire arborescence implicite. En effet, bien qu’il puisse apparaître comme politiquement incorrect à certains, il est à compter au nombre des grands esprits du XXème siècle, dont le parcours, fait de voies rectilignes, mais aussi de pluriels chemins de traverse, mérite une attention toute particulière. Le philosophe en était conscient, lui qui affirmait que son œuvre, riche en allusions, secrets personnels et élisions diverses, demandait à son lecteur un effort d’interprétation considérable pour en saisir la mélodie sous-jacente. Estimant avec le philosophe que la perversion consiste en un écrasement définitif du sens en surface, nous ne pouvons que lui reconnaître l’essentiel mérite de s’être exprimé avant tout comme un vivant, pensant, inséré dans une logique contextuelle particulière. L’erreur absolue n’étant d’ailleurs que pure chimère, chacune contenant déjà le germe d’une vérité à venir, il arrive ainsi que des œuvres insignes quittent un jour leur cimetière marin pour enfin déployer, aidées par la circonstance du temps, toute la surface de leurs voiles.

00:47 Publié dans Textes fondamentaux | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, catholicisme, philosophie, ortega y gasset




