jeudi, 26 juin 2008

L' Armure du Lieu

à  Gwen Garnier-Duguy
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Le Dieu trine est vivant, il respire.
l’Esprit est le souffle de Dieu.
Spiritus.
Ô Marie,  revêtez-moi de l’armure du lieu où l’Esprit respire,
Ô Vierge, adoubez-moi
Chevalier du Sacré-Cœur !
Que l’Esprit m’anime et m’extraie du joug de la pesante loi,
Disposez, s’il vous plaît, des ascensions dans mon cœur,
Que l’Amour me tienne lieu de foi.
Que le souffle, puisé à la bouche même du Verbe, me baptise et me fasse
À son image,
Respirer à sa mesure :
inspirer à son inspir,
expirer à son expir.
Ô, Vierge glorieuse,
Rosier de l’Emmanuel
Épelez-moi le Nom de  Gloire
Où la rose inverse reverdie
Car Dieu respire dans son Nom.
Alain Santacreu

jeudi, 20 décembre 2007

Un poème de Gwen Garnier-Duguy

POLARIS VOX 
 
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Vous aurez beau secouer la cape de la nuit
Pour déraciner les étoiles
Beau démembrer le Corps du Monde
Beau profaner l'Univers
Vous n'obtiendrez que je n'habite
La Petite
Ourse
Vous n'empêcherez le chant des sphères.
Je suis votre Nord
Le Nord de la Terre
Un phare céleste.
A marcher sur la voie obscure
Le regard fixant mon soleil
Le regard gorgé de merveilles
Vous marchez sur la voie de l'Homme
Vos pieds renouent avec la Terre
Qui se reforme sous vos pas
Je suis votre Nord la mer intérieure
L'antique
Méditerranée amniotique
Qui coule encore bleue dans vos veines
Et oxygène
Les territoires ignorés
A l'œuvre sous la voûte-infini de vos crânes
Je suis votre Nord la Présence
Dans la boussole perdue de vos orbites
Dressant ma fureur créatrice
Contre tout ce qui attente à la vie
Enfoncez-vous dans la forêt
Vous y rencontrerez peut-être
L’Esprit qui porte le secret
Alors
A bras le corps
Il s’agirait d’embrasser son feu
Affrontez mes sentiers, mes à-pics
Avec pour arme de guerre
Votre insolent refus d’échec
Votre âme chargée d’explosifs
Au cas où le chant des sirènes
Tenterait de dévoyer vos vœux.
Par une volonté de bure
Votre chair serait d’or, de myrrhe
Et la soie de votre pensée
Se laisserait déchirer
Par vos ailes de papillon
Et si vous peuplez le cosmos
Au fil de votre aventure
Faites-y couler le Jourdain
Répandez le Tigre, l’Euphrate
Abreuvez les constellations
Des crues d’un Nil qui vous regarde
Mais n’oubliez pas que toujours
Même si vous peuplez l’Espace
Je demeurerai dans vos cœurs
La pulsation salvatrice
Je suis votre Nord l’insoumis
Votre Nord la révolution
Car je ne veux plus de ce monde
Je suis votre Nord l’oranger
Jardin suspendu à vos lèvres
Jardin suspendu d’espérance
Entre terreur et violence
J’ondule dans un feu montant
Je suis votre baiser de l’ange.
 
 
(Ce poème, écrit en 2002 pour la revue Sarrazine, a été récemment republié dans la revue Poésiedirecte).

lundi, 22 octobre 2007

AUTRETÉ

par Jean VéDA
 
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Lentement, ce songe, étrusque souvenir,
m'a trébuché comme un caillou épars,
c'est bien ainsi que je me suis épris à la route,
D'or céleste Galilée,
Mes vertes pédauques ont refoulé la sainte talvera.
Coeur cendré, serfvelle éveillée,
Le gallinacé renaît, il ne bêlera plus ;
Au champ commun à tue-tête,
Laisse le troupeau aux rouges ornières,
Étrave ton sillon, étourneau vole, souffle comme le boeuf,
À la lisière du monde des hommes, Talvera, TAlvera, TALvera,
Sept nefs aux quatre côtés,
Extirpe-toi par les contre-allées, TALVera,
Solitaire loup, lové dans ton ego, demi-tour,
Au soleil primordial TALVEra, tu verras,
Blanche Damas, l'autreté, en d'autres temps, en temps voulu, en TALVERa,
Crois, tu verras, l'autreté, à la TALVERA... 
 

mardi, 27 février 2007

LE SAINT SÉNAIRE

À Daniel Facérias

 

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Dentelles aux fenêtres de l’âme ses jambes
S’ouvriront à l’orée du désir le linceul
Vert de la nuit tombera alors sur la terre
Vertiges de nos mains rondes de ses épaules

Qui dira où ira l’énergie du désir
Infini le cœur cher du saint sénaire
Qui tentera encor l’amour chevaleresque

S’ouvriront tous les jours de son corps l’aura jaune
D’un soleil sur la hanche sablée d’une dune
Les trous de lumière l’azur des tam-tams quand
En plein cœur de nos fronts l’éclair aura jailli

Qui dira où ira l’énergie du désir
Infini le cœur cher du saint sénaire
Qui tentera encor l’amour chevaleresque

S’ombragera l’oiseau par trajectoires d’ailes
Sur sa peau noire nigra sum sed formosa
Quand jeûnera la chair quand l’esprit mangera
L’âme l’âme devenue désir désiré
 

                                                        Alain Santacreu