dimanche, 10 mai 2009
Faut-il être intelligent pour être sauvé ? (I)
par Bruno Bérard

Première Partie
Section I. L’intelligence
Section II. Intelligence et réalité
Section III. La pneumatisation de l’intellect
Seconde Partie
Section IV. La gnose, ignorance infinie
Section V. Gnose ou théologie mystique
Section VI. Faut-il donc être intelligent pour être sauvé ?
15:58 Publié dans Inédits | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : bruno bérard, jean borella, philosophie, métaphysique, intelligence, intellect, gnose, christianisme, théologie, mystique
samedi, 01 mars 2008
Misère et Splendeur de la Traduction selon José Ortega y Gasset
par Pauline Troja
Ce glissement involutif s’est évidemment opéré par incréments successifs et, qui plus est, en toute bonne conscience, mais il n’en demeure pas moins que nous sommes aujourd’hui en droit de nous demander quelle est le place réservée à l’humain et surtout dans quelle architecture il s’inscrit. En tant que traductrice, il nous semblait opportun d’exhumer ce bref essai du philosophe espagnol mal connu du monde francophone, pour en tester la puissante dissonance en cette époque du paradoxe triomphant, qui, sous couvert de tout communiquer, nous semble servir de prétexte à la diffusion d’une idéologie effrayante, pour laquelle les différences sont à gommer au profit d’un jargon narcissique déracinant, laissant augurer une fragmentation et une entropie croissantes du discours. Aliéné de son passé, déboîté de son axe et condamné comme le papillon à se prendre dans la toile d’araignée planétaire, l’humain voit son destin subordonné à la stratégie laminante d’un Anti-Architecte, qui, seul, ait à jouir d’une vue générale de l’ensemble. La schizophrénie est ainsi hissée au rang de folie institutionnalisée, puisque l’homme au cœur de chair se voit maintenant supplanté par l’homme déréalisé, traversé qu’il est par une onde de choc invisible qui l’énuclée progressivement et le condamne à l’ostracisme existentiel. L’image qui nous vient à l’esprit est celle du bulbe, dont on se serait savamment acharné à intervertir les couches, la fine pelure finissant par se retrouver à l’intérieur et le germe à l’extérieur, condamné à fatalement se dessécher sur pied : le règne du décervelage et de la scorie, où le logos, usurpé, se voit projeté dans l’abîme au profit d’une simple théorie des bords – et des bords seulement.
Sédentaire et nomade, le dire individuel apparaît comme une parole originelle, une mort et une résurrection dans le corps du texte, perpétuelle transfiguration d’une lecture ne pouvant être appréhendée qu’en perspective, permettant de transcender toute clôture, et, partant, toute finitude du langage. Le texte – à prendre au sens étymologique du terme, c’est-à-dire comme un tissu narratif, où ce sont les fils horizontaux que la navette introduit dans la trame qui font de l’ouvrage une étoffe unie et compacte – émerge ainsi comme une création de la conscience individuelle traduisante, se déployant dans l’espace comme un gigantesque mobile caldérien, naissant sur ce minuscule archipel qu’est la raison au sens ortéguien. Démarche logique autant qu’analogique, qui se matérialise en ces arabesques fleuries, en lesquelles évolue le penser vivant du philosophe espagnol.
Nous espérons que ces brèves considérations inciteront le lecteur à redécouvrir José Ortega y Gasset, dont l’œuvre ne livre à la surface qu’une infime portion de son extraordinaire arborescence implicite. En effet, bien qu’il puisse apparaître comme politiquement incorrect à certains, il est à compter au nombre des grands esprits du XXème siècle, dont le parcours, fait de voies rectilignes, mais aussi de pluriels chemins de traverse, mérite une attention toute particulière. Le philosophe en était conscient, lui qui affirmait que son œuvre, riche en allusions, secrets personnels et élisions diverses, demandait à son lecteur un effort d’interprétation considérable pour en saisir la mélodie sous-jacente. Estimant avec le philosophe que la perversion consiste en un écrasement définitif du sens en surface, nous ne pouvons que lui reconnaître l’essentiel mérite de s’être exprimé avant tout comme un vivant, pensant, inséré dans une logique contextuelle particulière. L’erreur absolue n’étant d’ailleurs que pure chimère, chacune contenant déjà le germe d’une vérité à venir, il arrive ainsi que des œuvres insignes quittent un jour leur cimetière marin pour enfin déployer, aidées par la circonstance du temps, toute la surface de leurs voiles.

00:47 Publié dans Textes fondamentaux | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, catholicisme, philosophie, ortega y gasset
vendredi, 23 février 2007
Contrelittérature et autogestion

Seul le quotidien Le Monde a publié, par la plume d’Olivier Corpet, un de ses disciples puis collègue – auteur en 1982 d’une thèse de troisième cycle intitulée Matériaux pour une sociologie de l’autogestion, actuellement directeur de l’IMEC, Institut Mémoires de l’édition contemporaine – une courte notice dans son “ Carnet Disparitions ” du jeudi 17 mars 2005, page 12.
Toutes autres archives, à commencer par celles du Comité pour l’histoire du CNRS, sont également muettes…
Le silence des grandes revues de sociologie trouve son explication première dans un ouvrage d’Yvon Bourdet : Éloge du patois ou l’itinéraire d’un occitan. Cet ouvrage, hapax dans la bibliographie de son auteur, est source de du black-out et de l’ostracisme opposés, dès parution, à Yvon Bourdet. Vous n’y pensez pas ! Prendre le “ patois ” pour objet sociologique ? Qui plus est pour en faire l’éloge ? Voilà presque un affront à la Recherche française ! À tout le moins, un bâton pour se fourvoyer et s’exclure d’une intelligentsia inexorablement hexagonalisée. En dépit de quoi, comme cela s’était produit quatre ans auparavant lors de la parution de Parler croquant (Paris, Stock 2, 1973, coll. Dire), ouvrage de son “ congénère ” limousin de Corrèze Claude Duneton, le public et le succès sont au rendez-vous !
Les principaux chantiers de recherche d’Yvon Bourdet –qui fondèrent sa réputation internationale– sont bien l’Autogestion, l’Austro-marxisme, la question des minorités nationales – et plus particulièrement la revendication occitane.
Après des études de théologie, une licence de lettres, une agrégation de philosophie, enfin une thèse, Yvon Bourdet entre au CNRS où il achève sa carrière comme maître de recherche, section Sociologie. Encouragé par Raymond Aron à introduire en France les travaux des théoriciens de l’austro-marxisme (Rudolf Hilferding, Max Adler, Otto Bauer), il collabore aux revues Socialisme ou Barbarie et Arguments, avant de devenir, en 1966, l’animateur de la revue Autogestion, créée par le sociologue Georges Gurvitch (devenue Autogestion et Socialisme, puis Autogestions en 1980, avant de, selon O. Corpet, “ s’arrêter en 1986, lasse de courir après toutes les récupérations idéologiques de ce vocable vite dénaturé ”.
La contrelittérature gardera la mémoire d'Yvon Bourdet, “honnête-chercheur”, historien et théoricien de l’autogestion, penseur lucide et critique des espaces de la différence.
Bibliographie succincte
* Communisme et marxisme. Éd. Michel Brient, 1963.
* Traduction, introduction et notes de : Démocratie et conseils ouvriers de Max Adler. Paris, Maspéro, 1967.
* Otto Bauer et la Révolution. Textes choisis, présentés et annotés. S. l., E.D.I., 1968.
* Introduction à : Le Capital financier de Rudolf Hilferding. Parias, Éd. de Minuit, 1970.
* La délivrance de Prométhée. Pour une théorie politique de l’autogestion. Paris, Anthropos, 1970.
* Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier international. I : L’Autriche (en collaboration avec F. Kreissler, G. Haupt et H. Steiner). Paris, Les Éditions ouvrières, 1971.
* Introduction à : Démocratie politique et démocratie sociale de Max Adler. Paris, Anthropos.
* Figures de Lukács. Paris, Éd. Anthropos, 1972. 223 p. Contient le texte d’un entretien de l’auteur avec György Lukács, 16 avril 1971.
* Pour l’autogestion. Paris, Éd. Anthropos, 1974.
* En collaboration avec Alain Guillerm. Clefs pour l’autogestion. Paris, Seghers, 1975. 288 p. (Coll. Clefs).
* En collaboration. Que lire ? Bibliographie de la révolution. S. l., E.D.I., 1975.
* Éloge du patois ou l’itinéraire d’un occitan. Récit. Paris, Galilée, 1977. 181 p. (Coll. Coup pour coup).
* En collaboration avec Olivier Corpet, Jean Duvignaud, Georges Gurvitch, Jacqueline Pluet. Qui a peur de l’autogestion ? Liberté ou terreur. Paris, Union générale d’éditions 10/18, 1978. X-430 p. (Coll. Cause commune).
* L’espace de l’autogestion. Paris, Galilée, 1978. 101 p. (Coll. Débats).
( Cette notice bio-bibliographique de François Pic est parue dans Contrelittérature N°17, Hiver 2006, p. 5 )
14:20 Publié dans Les grands prédécesseurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, politique, christianisme, Philosophie, pcf, spiritualité-de-la-liberation, blogs politiques



