contrelittérature
La devise de notre blason est construite à partir de la préposition "contre". En héraldique, le "contre" signifie une élévation des composants internes disposés de part et d'autre de l'écu. Ainsi : Contre-fascé ; Contre-palé ; Contre-bandé ; Contre chevronné, etc. En cela notre devise héraldique renvoie à la périagogè platonicienne : le retournement et l'ouverture de l'âme.
QU'EST-CE QUE LA CONTRELITTÉRATURE ?
La Contrelittérature n'est pas un mouvement artistique mais un état d'esprit à la fois réactif et progressiste. Réactif, parce qu'il repose sur une anthropologie ternaire fondamentale qui inclut le spirituel dans l'homme ; et progressiste, parce qu'il se fonde sur une positivité du temps.
UN ART REBELLE
Dès 1999, le Manifeste Contrelittéraire et la revue Contrelittérature ont anticipé le mouvement culturel de grande envergure qui se dessine aujourd’hui dans le monde : l’émergence d’une authentique « écologie de l’esprit ». L’ambiguïté même du terme de « contrelittérature » veut exprimer cette logique du paradoxe qui est celle de la pensée rebelle. Le combat du rebelle est un combat pour l’esprit. Le terme de « littérature », au sens moderne, apparaît au 18ème siècle et correspond à l’émergence de l’esprit philosophique de la modernité contre lequel se sont érigé les avant-gardes artistiques radicales. La littérature fut le « choc en retour » du rejet de la dimension mystique par le christianisme occidental. En réintroduisant la mystique dans l’ordre artistique, le contrelittérature ouvre le futur d’une antériorité oubliée.
CONTRELITTÉRATURE
La contrelittérature s’oppose à la littérature du « moi » dont la platitude narcissique et le nombriliste des « egobiographies » actuelles est l’expression ultime. Dans « contrelittérature », le préfixe « contre » exprime non seulement la virulence du combat extérieur qui se joue dans la sphère socio-culturelle contre l’horizontalité carcérale, l’absence de profondeur de l’art contemporain, mais il faut l’entendre aussi comme une volonté de « déplacement » vers le centre intérieur et transcendant de l’homme, c’est-à-dire comme une conversion de l’esprit : une métanoïa. La contrelittérature rétablit la conjonction des traditions du Livre. Parallèlement à la littérature médiévale du Graal – en laquelle furent réconciliés le Christianisme, l’Islam et l’Hébraïsme – la contrelittérature annonce prophétiquement la littérature du « Sacré Cœur ».
MUSIQUE CONTRELITTÉRAIRE
La musique contrelittéraire est le champ d’action de la musique rendue à son authenticité vitale. De même que la contrelittérature remonte aux sources médiévales de la romance, la musique contrelittéraire recherche la modalité perdue du chant grégorien. Elle est, comme les troubadours en occident en témoignèrent, le souffle de l’être.
THÉÂTRE CONTRELITTÉRAIRE
La transposition de l’idée contrelittéraire au théâtre correspond au retour à la conscience tragique qui est celle du spectateur. Le théâtre contrelittéraire renverse les données de la représentation mimétique. C’est un dépassement du spectacle qui, libéré des possessions et des simulacres de l’acteur, permet au spectateur de changer de plan de conscience : son corps devient le lieu dramaturgique de la dépossession et, comme la marionnette de Kleist, il entre alors en relation avec le principe immobile du théâtre. L’actualité cruciale et révolutionnaire d’Antonin Artaud réapparaît ici au grand jour dans la notion primordiale du « spectateur-marionnette ».
UN ART DE LA DÉCROISSANCE
En réhabilitant la mystique, la contrelittérature tente de rétablir le sens obvie de l’art que le nihilisme avait arraisonné. La vie mystique appartient en propre au domaine artistique. Sans l’esprit, l’homme ne serait qu’un fabriquant de néant, c’est pourquoi il ne peut que s’offrir corps et âme à l’écriture de Dieu. L’esprit propose une métaphysique expérimentale qui apparaît comme le contraire de la littérature au sens moderne, l’action créatrice étant donnée à l’homme comme « par surcroît », après l’effacement de son ego.


